Origine Creation MJC Savigny

L’Histoire de la MJC de Savigny-sur-Orge de 1964 à nos jours

Extrait du n° 2 du journal de la FFMJC de septembre 2003

Il était une fois le 19 septembre 1944
Une réunion pour l’adoption des statuts de l’Association Fédérative des Foyers, Cercles,, Maisons de la Jeunesse de France, dite : « La République des Jeunes »

En juin 1944, après le débarquement de Normandie, le Comité National de Libération, se transforme en Gouvernement provisoire de la République Française. L’éducation et la jeunesse font partie de ses préoccupations politiques. Paris est libéré le 25 août 1944. Les syndicats, les partis politiques, les associations et mouvements de jeunesse dissous pendant la guerre sous le régime de Pétain réapparaissent. Dans un contexte politique de crise lié aux enjeux de la Libération, où tout en se libérant de l’occupant, il fallait impérativement créer une rupture idéologique avec le régime de Vichy, restaurer la République et reconstruire un appareil d’État. André Philip crée la  » République des Jeunes  » à Lyon le 19 septembre 1944. L’alsace ne sera libérée qu’en février 1945 et l’Armistice signée le 8 mai 1945.
Ce qui pouvait apparaître comme un mouvement de plus sera tout autre. Dès le départ comme le montrent les statuts ci-dessous, André Philip, par son autorité morale qu’il a acquise avant et pendant la guerre, obtient dès le départ l’adhésion de tous les grands mouvements de jeunesse de l’époque: catholique, protestant, scout, communiste, socialiste, avec en plus , ce qui sera une véritable innovation, la participation active des syndicats ouvriers et agricole: la CGT, la CFTC et la CGJA.
Dès l’origine, la République des Jeunes fut en osmose avec la Gouvernement provisoire.
Pour André Philip:  » il s’agissait, écrivait-il dans ses mémoires, d’être en opposition au régime de Vichy qui avait fait encadrer la jeunesse par l’administration et conditionnée par la propagande, d’affirmer l’existence d’une éducation populaire permanente, cogérée par l’État, les autorités locales et les utilisateurs, jeunes et adultes, employant à leur service et sous leur contrôle, des animateurs spécialement formés aux fins de susciter chez tous le sens de la communauté et des responsabilités civiques.

André Philip 1902 – 1971. Il fut à la fois économiste, homme politique et éducateur.

 

Inconnu — [1] Dutch National Archives, The Hague, Fotocollectie Algemeen Nederlands Persbureau (ANEFO), 1945-1989 bekijk toegang 2.24.01.04 Bestanddeelnummer 918-0848

 

 

Après une thèse de doctorat en économie passée en 1923, il est nommé professeur d’économie politique à la Faculté de droit de Lyon .
Élu député du Rhône en 1936, il présentera, en tant que jeune député, devant la chambre du Front Populaire la loi sur les 40 heures de travail hebdomadaire. Au sein de son parti politique la SFIO, il refusera les Accords de Munich et le 10 juillet 1940 fera partie des rares députés qui refuseront de voter les pleins pouvoirs à Pétain. En 1942 il rejoint le Général De Gaulle à Londres, qui le nomme Commissaire à l’Intérieur. Au sein du Gouvernement provisoire d’Alger il est chargé des relations avec l’Assemblée Consultative. A la Libération il est réélu député du Rhône.
II joue un rôle essentiel dans l’élaboration de la Constitution de la IVè République en tant que président de la commission de la Constitution de l’Assemblée Constituante. II est Ministre de l’Économie et des Finances des Gouvernements Félix Gouin et Léon Blum, Ministre de l’Économie du Gouvernement de Paul Ramadier.
Avec la République des Jeunes, on lui doit 3 autres créations majeures : la CECA 1er traité européen d’après guerre pour le charbon et l’acier ; celle de l’INSEE et celle du 1er Plan Comptable. II rejoint en 1958 le Parti Socialiste Autonome (PSA) qui deviendra le PSU où il retrouve Pierre Mendès-France. En 1962 le Général de Gaulle lui confie la délégation Française à la CNUCED. En 1969, il devient directeur du centre de développement de l’OCDE. A la même période, il quitte la présidence de la FFMJC.

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